Point sur les incendies dans le Massif des Maures

Un jour de fort mistral, tout est parti lundi 16 août à 17h45 d’une aire d’autoroute, l’aire Les Sigues (voir ci-dessous), sur l’A57 à hauteur de Gonfaron, dans le sens Toulon-Le Luc. Attisé par le mistral et la sécheresse, l’incendie a rapidement pris de l’ampleur ; la cause humaine, comme pour 9 incendies sur 10, est fortement probable. 

L’incendie a parcourue près de 8100 hectares, notamment dans la réserve naturelle nationale de la Plaine des Maures. Cette réserve compte 241 espèces protégées faune et flore, notamment la tortue d’Hermann. Malgré la mobilisation de 1200 pompiers et 250 engins, le vent et la sécheresse ont rendu très difficile la lutte avec une propagation de l’incendie très rapide ; le chêne-liège et son cortège floristique en paye un lourd tribus.

Un chêne-liège calciné (photo de Natalia Kovachevski).

Au-delà des nombreux dégâts matériels (une cinquantaine de maisons détruites), le dernier bilan fait état de 2 morts et de 26 blessés dont 19 civils victimes d’intoxications et 7 sapeurs-pompiers ; 10 000 personnes ont dû être évacuées.  

Actuellement, le feu est toujours actif par endroits mais sous contrôle (il ne progresse plus), avec un risque cependant de reprise dû au vent ; n’encombrez pas les routes d’accès, ne restez pas aux abords du feu par effet de curiosité, n’allez pas en forêt (l’ensemble des massifs sont fermés).

Maurice Junqué, dirigeant des Établissements Lièges Junqué à Flassans-sur-Issole (une des dernière entreprise à valoriser le liège) : « c’est catastrophique, à pleurer, la forêt va mettre au moins 40 ans à s’en remettre, certains ont tout perdu ».

Et maintenant ? 

La forêt a certes une capacité de régénération naturelle, par contre les feux trop fréquents, l’érosion des sols, risquent de compliquer les choses, avec des modifications du milieu avantageant notamment les espèces invasives. 

Le temps du bilan viendra, mais surtout l’urgence de penser à un protocole post incendie, permettant de mettre en place des fascines (aménagement linéaire fait de branchages et de troncs incendiés) pour lutter efficacement contre l’érosion des sols, principal danger après un incendie puisque constituant un risque pour la fertilité des sols empêchant ainsi la forêt de s’implanter de nouveau, mais aussi pour les populations : inondation, coulée de boue. Il est également conseillé d’accompagner la régénération naturelle en recépant, taillant ou coupant si nécessaires les arbres endommagés par le feu. Les plantations ne sont par contre pas conseillées à court terme, la régénération naturelle étant la plus efficace (elle peut être cependant aidée, notamment en protégeant les rejets des gibiers). 

Pour la mise en place du protocole post-incendie, l’association l’ASL Suberaie Varoise est très compétente, n’hésitez pas à vous rapprocher d’elle =>aslsuberaievaroise83@gmail.com

Exemple de régénération naturelle sur l’arbousier (photo Natalia Kovachevski)

Pour rejoindre le réseau Forêt Modèle de Provence. 

Pour soutenir les actions de Forêt Modèle de Provence en faveur de nos forêts (programme de plantations, échange européen, événements grand public, recherche et développement, etc), n’hésitez pas à adhérer ou faire un don => https://www.helloasso.com/associations/foret-modele-de-provence/adhesions/adhesion-2021-a-foret-modele-de-provence-1



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