Contrat de Transition Écologique

Questions à Julie Mariton, coordinatrice du Syndicat Mixte du Massif des Maures.

Quelle est la philosophie de ce contrat ?

Lancés en 2018, les contrats de transition écologique (CTE) ont pour objectif de traduire les engagements environnementaux pris par la France (Plan climat, COP21, One Planet Summit) au niveau local. Il s’agit d’une démarche innovante pour accompagner et soutenir la transformation écologique des territoires : une co-construction entre l’Etat, les collectivités locales, et les porteurs de projets publics -privés.

Les territoires engagés dans les contrats de transition écologique sont des territoires volontaires qui parient sur l’écologie comme moteur de l’économie, et qui ont choisi de s’engager dans un changement de modèle à travers la transition écologique.

Après 6 mois d’élaboration, le contrat de Transition Écologique du massif des Maures a été signé le 21 janvier entre le syndicat du massif des Maures, ses 3 intercommunalités membres – Cœur du Var, Méditerranée Porte des Maures et Golfe de Saint Tropez-, l’Etat, l’ADEME, le Conseil Départemental, la Caisse des dépôts et le CEREMA. Il s’agit du 1er CTE dans le Var et du 4ème en région PACA.

Quel est le périmètre du Contrat de transition Écologique du Massif des Maures ?

Le massif des Maures est un territoire « à part ». Écartelé du point de vue administratif, il a trop longtemps été oublié des politiques publiques concentrées sur les zones urbaines et périurbaines « périphériques » et le littoral. Le massif n’était qu’un territoire à traiter du point de vue du risque incendie. Dans le virage à conduire vis à vis du changement climatique, le massif doit revenir au centre des politiques.

Au travers de ce CTE, le syndicat du massif des Maures et les 3 intercommunalités veulent « Répondre à l’urgence climatique, en remettant le massif des Maures au cœur de la transition écologique de ses territoires ». L’enjeu est de recréer une dynamique entre les différentes économies du territoire, autour de la transition écologique, et de faire de la préservation et de l’exploitation durable du massif un moteur de développement économique, tout en développant l’identité « Massif des Maures ».

Cela pourra passer par :

  • La remise d’activités au sein du Massif, par la poursuite des efforts d’inversion de la déprise forestière et agricole qui accroît les risques naturels et provoque la fermeture des milieux naturels ;
  • La gestion du massif adaptée au changement climatique, et œuvrant au confortement des services rendus par le massif et la variété de ses espaces forestiers, naturels et agricoles en matière de transition écologique ;
  • La création (et recréation) de liens entre les différents usages du Massif et les différentes politiques menées.

Les 5 orientations stratégiques du CTE sont :

  1. Développer une gestion forestière durable qui contribue à l’atténuation du changement climatique
  2. Préserver & restaurer les fonctionnalités du massif en matière de biodiversité et de paysage
  3. Intégrer les aléas méditerranéens, planifier et gérer la préservation de la ressource en eau du massif
  4. Développer une agriculture vivrière méditerranéenne orientée vers les circuits courts
  5. Accueillir, organiser et concilier les usages – Sensibiliser/éduquer aux enjeux de la transition écologique et énergétique sur le Massif

Qu’amènera le CTE au territoire ?

Le CTE doit apporter avant tout un cadre de travail et de partenariat entre les porteurs de projets publics et privés et les différents signataires du CTE : le syndicat du massif des Maures, ses 3 intercommunalités membres – Cœur du Var, Méditerranée Porte des Maures et Golfe de Saint Tropez, l’Etat, l’ADEME, le Conseil Départemental, la Caisse des dépôts et le CEREMA. Il ne s’agit pas d’une contractualisation « classique », avec une enveloppe financière définie, mais bien d’un « appel aux territoires » pour enclencher une dynamique, et surtout mettre en place une méthode de travail efficace, basée sur la transversalité, arrêter de travailler en « mode silos ». Créer du lien.

Un premier programme d’actions a été monté. Des actions seront intégrées au CTE au fil de l’eau. Ce qui compte est surtout l’organisation mise en place entre les collectivités du Massif, l’Etat et les financeurs pour se positionner en facilitation des projets en lien à la transition écologique du territoire. Il doit être également un vecteur de « dynamisation » des liens avec les entreprises et le secteur associatif.

Comment les CTE se mettent en place avec les autres dispositifs proposés par l’Etat et les collectivités?

Le CTE est voué à apporter de la cohérence à l’échelle du Massif des Maures des autres dispositifs de l’Etat et des collectivités en lien à la transition écologique. Parmi les principaux, nous pouvons citer les PCAET intercommunaux, la charte forestière en cours de révision également portée par le syndicat du massif des Maures, les PIDAF, etc.

Et le liège dans le CTE du Massif des Maures ?

Le chêne-liège est au cœur du CTE. D’abord, en tant qu’arbre identitaire et patrimonial du massif, support d’une biodiversité d’intérêt majeur, mais aussi comme ressource inestimable de matériau local. La valorisation et la préservation du chêne liège doivent avoir une place majeure dans notre projet de territoire.

Nous allons dans les mois à venir poursuivre notre soutien pour la préservation et la gestion des surfaces de suberaies et le développement de la filière liège aux côtés de l’ASL Suberaie varoise. Les 2 ne sont pas antinomiques : qui dit exploitation dit ouverture des milieux et préservation.

Pour cela le Syndicat veut s’engager aux côtés de ses partenaires notamment dans les réflexions sur la structuration d’une filière Liège-isolation.  Le CTE sera, nous l’espérons, facilitateur pour l’émergence d’une telle filière.

Pour en savoir plus : https://cte.ecologique-solidaire.gouv.fr/#@massifDesMaures



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